Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

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Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  Breccio le Jeu 8 Avr - 19:28

Bon, autant commencer par un aveu : je vous dois des excuses.

En critiquant Un homme, un cheval, un pistolet, le deuxième volet de la trilogie de l’Étranger, je concluais par un teaser velu, à savoir : « Prochainement, la critique du troisième volet, Le Cavalier et le Samouraï, avec la réponse à cette angoissante question : qu'est-ce qu'un Japonais en slip fiche au fin fond du Yukon ? »

Le rouge me monte au front quand je pense que j’ai pu avoir recours à de tels stratagèmes pour éveiller votre intérêt, au risque de bafouer la vérité historique, l’intégrité artistique et tout ça.

C’est pas au Yukon qu’il traîne, notre Japonais en slip : c’est au Klondike.

La honte, vous dis-je.

Bon, et à part ça, pourquoi qu’il est en slip ? Simple, il transporte sur lui un rouleau vachement précieux, et les trois brutes qui l’ont coincé dans une cabane le désapent pour mieux s’en emparer. Malheureusement pour eux, notre z’héros traîne dans les parages, et hop ! voilà nos trois brutes prises au collet (c’est le leitmotiv du film, au fait — Bondage City) et notre Japonais agonisant qui confie son trésor au héros : « Apporte ça à Osaka et donne-le à Matori — il te filera 20 000 dollars. » Comme notre Étranger est fauché, il se dit que c’est le bon plan et, deux minutes plus tard, grâce à la magie du cinéma, il débarque au Japon — en compagnie de Pussy, sa fidèle monture.

À partir de là, ça devient un peu confus, d’autant plus que tous les personnages sauf trois ne s’expriment qu’en japonais. Mais notre z’héros n’est pas trop crétin — il l’est quand même un peu, vu les situations où il se fourre — et il parvient très vite à la conclusion qui s’impose : « La mort les impôts… c’est comme à la maison, ici. »

Bingo.

En fait, au centre de tout le binz, y a une charmante princesse à peine pubère (la seule Japonaise bilingue du film, qui explique le scénario à des moments stratégiques) et deux clans qui se la disputent : les Rodos-San et les Baxter-San (nan, j’déconne — mais c’est quasiment ça). À ma droite, c’est plutôt le genre aristo hautain, avec le grand ponte au regard qui tue, son intendant efféminé et une armée privée bien sapée ; à ma gauche, c’est plutôt l’équivalent nippon des bandidos mexicains, avec grand chef hénaurme, nain ricanant chargé des basses besognes, seconds sabres dépenaillés et exilé américain (Lloyd Battista) maniant la mitrailleuse.

Évidemment, notre Étranger va s’efforcer de jouer chaque camp contre l’autre afin de ramasser le maximum de dollars. Comme on a affaire à Tony Anthony et non à Clint Eastwood, il va se faire tabasser et torturer plus souvent qu’à son tour, il va même souvent avoir l’air franchement débile, vu qu’il ne comprend rien ou presque à ce qui se passe autour de lui (note aux producteurs qui nous lisent : le remake avec Rowan Atkinson, à mon avis, c’est le pactole assuré), et, s’il triomphe à la fin, c’est uniquement parce qu’il se sera trouvé une pétoire de la mort qui tue. Indescriptible, l’engin, mais si vous avez besoin d’aération chez vous, c’est ça qu’il vous faut.

Bon, tout ça serait gentiment délirant et pas vraiment mémorable, sauf que…

Sur le plan historique, tout d’abord, ce film est le premier à avoir eu l’idée de mélanger western et film de sabre japonais. Bien que sa sortie ait été retardée de quelques années, cette œuvre impérissable date de 1968, du moins à en croire les spécialistes. Donc, Tony Anthony, chapeau.

Ensuite, l’ambiance est assez spéciale : je croyais que Se7en était le film le plus pluvieux de l’histoire du cinéma, mais celui-ci l’enfonce, et de loin. Tu crois qu’on verrait le soleil se lever de temps en temps ? Bernique !

À signaler la musique efficace de Stelvio Cipriani, également présent lors du deuxième opus, et l’absence totalement incompréhensible de Raf Baldassare (perso, je l’aurais bien vu en guerrier japonais — il peut tout faire, on le sait).

Luigi Vanzi n’a pas fait grand-chose après cette trilogie ; il a retrouvé Tony Anthony pour un film de gangsters, Piazza Pulita, avec Adolfo Celi, que nos gaillards sont allés tourner aux States, puis plus rien. Tony Anthony a poursuivi sa carrière flanqué de Ferdinando Baldi.

Comment voir ce film ? Eh ben, il est sorti il y a quelques mois un DVD allemand avec une image correcte, versions allemande et anglaise sans sous-titres : Der Schrecken von Kung-Fu (en teuton dans le texte). Faute de mieux, l'aficionado s'en contente, et il est même vachement content.

B

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  Trinita le Jeu 8 Avr - 19:36

Je vais faire mon gros feignant et faire un copier coller de mon mini avis sur l'ancien forum :

Enfin eu le temps de le regarder.
C'est un film complètement loufoque et Tony Anthony à une tête de chien battu qui me plait bien.
De plus j'adore l'arme complètement originale qui doit faire des trous énorme.
Film à voir car original et qui ce prend pas au sérieux.

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  El Puro le Ven 24 Sep - 17:24








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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  stéphane le Ven 24 Sep - 18:27




Tony ANTHONY












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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  Cimetière le Lun 8 Nov - 18:14

A quand une édition DVD de la trilogie des aventures de l'Etranger ?

Contenant pour rappel :

Un dollar entre les dents
Un homme, un cheval, un pistolet
Le cavalier et le samouraï


Une idée, ou bien une édition à l'unité des trois titres à venir ? En VF bien sûr, je ne jure que par ma langue originale...

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  Edocle le Lun 8 Nov - 18:32

L'étranger chez les Japs !!!
Vu et "ici c'est comme chez nous on ne peut pas échapper à la mort et à l'impôt"
voilà en substance ce que dit l'étranger dans ce western kungfu :
C'est du bon du très bon, le DVD allemand est de bonne qualité et bonheur des doubleurs ce film ne fait
que 280 lignes de texte pour une durée de 1h27 ( soit 1000 lignes de moins que la moyenne d'un western
spaghetti classique!), ce qui fait que si les uns ont fait des économies, nous on comprend tout !
et puis y-a des ST auf deutsch et in english et même en ...
lol!

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  El Puro le Lun 8 Nov - 21:01

Edocle a écrit:C'est du bon du très bon, le DVD allemand est de bonne qualité

Le 10 Décembre, la société allemand "Voulez Vous (Inter Groove)" èdite un nouveau DVD de ce film. Cette société édite de nombreux Western. Jusqu'à présent, seuls des Westerns d' États-Unis. Il s'agit de la première de western spaghetti.

Des détails est encore inconnue.

Je suis d'accord avec Edocle, le vieil DVD allemand (Eyecatcher movies) est bonne image qualité . J'ai ce DVD et je ne voudrais pas acheter le nouveau DVD. Wink

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  JO le Ven 31 Déc - 11:27

Vu sur le nouveau DVD allemand.

Pistes anglaise et allemande.

Image 1.33, décadré (?), somme toute niveau VHS neuve.





Le film est annoncé sur le générique comme une distribution "MGM". On pourrait donc espérer mieux...

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  Fredge le Mer 17 Aoû - 9:43

Et bien, vraiment déjanté, ce "western". Fou comme le Kung, en plus!
Scénario brouillon, certes, mais le fait de ne pas avoir de sous-titres dans les dialogues en japonais nous place finalement dans la même situation que l'Etranger, à savoir que l'on ne sait pas toujours qui sont les bons ou pas, à moins qu'il n'y ait pas de bons du tout...
Et qu'est-ce qu'il se prend dans la figure, notre cow-boy, les coups font mal, mais il y a une forme de second degré dans tout ça. Ben oui, quand on a compris, je shématise, qu'il est l'antithèse d'Eastwood dans les dollars, ça en devient génial.
J'ai vraimùent passé un bon moment humide (mais qu'est-ce qu'il peut pleuvoir fort!) et bien agréable.
Quelques séquences ou plans mémorables tels le combat entre l'étranger et les femmes ou encore son arrivée au Japon quand il n'arrive plus à marcher.

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

Message  Hombre le Sam 17 Oct - 15:01

Le gendre de mélange que j'adore! Smile

L'affrontement des cultures qui, sur fond de violence (dans la boue), finissent par toutes se ressembler.
L'arme de notre "anti-héros" est des plus étonnante formellement parlant. Mais comme pour les samouraïs l'arme est une signature du guerrier et en établit même sa réputation auprès de ses ennemis.
C'est une des raisons pourquoi un samouraï n'a pas le droit de perdre (ou de vendre) son sabre*
*Référence à Hara-Kiri de Kobayashi.

Je me suis bien amusé avec cette aventure plutôt rocambolesque à la sauce western/soja ou sushi!!What a Face

Une trilogie de l'Étranger Anthony existe chez Archive Warner, mais évidemment en anglais seul.
http://www.amazon.ca/gp/product/B00VQRFCUO?ref_=pd_ybh_2

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Re: Le Cavalier et le Samouraï - Lo straniero di silenzio - Luigi Vanzi - 1968

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