Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

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Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Breccio le Jeu 8 Avr - 19:16



Un détachement de l’US Cavalry convoie un coffre plein d’or destiné au gouvernement mexicain. Le bandido Aguilar (Frank Wolff) prend la place de l’officier chargé de le réceptionner et, aidé par un Étranger sorti de nulle part (Tony Anthony), s’empare du trésor. Puis l’Étranger demande sa part, à savoir la moitié, et c’est alors que les choses se gâtent…

Voilà. Si vous avez un timbre-poste sous la main, collez le scénario dessus et ça vous fait un truc à encadrer et à accrocher au mur. Sauf que je n’ai pas parlé des détails, bien sûr.

Commençons par l’acteur principal, à qui divers ouvrages sur le genre font une réputation de mégalo. Ici, il n’est crédité que comme interprète, mais il investit déjà son personnage d’une sacrée texture. Le but du jeu, c’est de partir de l’Étranger interprété par Clint Eastwood dans les deux premiers Leone et de le porter au paroxysme ou, quand c’est impossible, d’en prendre le contre-pied le plus velu.

Côté vestimentation, comme dirait Gian Lhassa, on est en plein dedans : long johns rose crasseux, chapeau informe, poncho… comment qualifier ce poncho ? Vous avez déjà dormi dans une couverture SNCF wagon-couchettes 2e classe ? C’est pire.

Côté physique, Tony Anthony est l’exact contraire d’Eastwood : petit, doué d’un charisme de concombre, un visage ingrat (un mélange de Gérard Rinaldi et de Michael J. Fox, si tant est qu’une telle chose soit possible), et, en dépit d’une carrure de cascadeur râblé, si mauviette d’allure qu’on a l’impression que c’est lui qui se fait mal quand il file une beigne à quelqu’un.

De son côté, Frank Wolff, qui s’en est toujours voulu d’avoir refusé le rôle de Ramon Rodos, se rattrape de cette occasion perdue en accumulant roulement d’yeux suggestifs et rires homériques. Il en fait des tonnes, mais ça tombe bien : c’est ce qu’on lui demande.

Bon, me direz-vous, mais quel est l’intérêt de cette resucée de Pour une poignée de dollars ? D’abord, ce n’est pas seulement une resucée de Pour une poignée de dollars, car certains détails sont empruntés à Et pour quelques dollars de plus. Par exemple, l’Étranger dresse à un moment donné le catalogue des bandidos d’Aguilar, en citant la prime offerte pour chacun d’eux. Puis il y a toute cette scène dans l’église en ruine où la bande a dressé campement et où notre héros se fait prendre alors qu’il croyait avoir pris.

Suite logique : l’obligatoire scène de passage à tabac. Et ça y va à la manœuvre, vous pouvez m’en croire.

Ce qui nous amène fort logiquement à évoquer la dimension masochiste de ce film. Non seulement ce pauvre étranger n’a plus figure humaine, mais il est en outre tombé dans les griffes d’un couple pervers comme je vous raconte pas. Aguilar est en effet assisté dans ses œuvres par sa copine, une dénommée Maruca (Gia Sandri), qui nous la joue dominatrice à fond la caisse. Genre on ne frappe pas un homme à terre, on le fouette.

Comme notre couple infernal a enlevé l’héroïne style madone du fond de l’Espagne qui a aidé notre héros, je vous raconte pas la sexualité trouble qui se dégage de tout ça. Avec bébé innocent qui manque de peu d’être offert en sacrifice, ou alors j’ai mal compris.

Brèfle, tout ça se finit comme il se doit en bataille rangée dans le village du début, où, pour se distraire, on peut s’amuser à compter les emprunts franchement assumés à l’imagerie léonienne : gilet pare-balles en métal, sauf que notre héros utilise carrément un wagonnet — non, plusieurs ; duel à armes inégales, sauf qu’ici ce n’est pas fusil contre revolver mais pétoire à deux coups contre mitrailleuse ; élimination des hommes de main avec gags à l’appui (et utilisation des espaces sous les trottoirs en bois)…

Autant de figures imposées qu’on voit défiler en jubilant.

Je signale pour finir la présence de ces gueules de seconds couteaux qu’on aime tant : Raf Baldassare, un pote à Anthony qui l’a mis dans tous ses films — ici, il est un peu discret, mais ça changera ; Aldo Berti, dans le rôle de Marinero (« Si on m’appelle comme ça, c’est parce que j’aime l’eau », dit-il au curé du village avant de lui infliger le supplice de la baignoire) ; enfin, j’ai cru reconnaître Piero Vida, une gueule vraiment sympa.

Mention spéciale à Benedetto Ghiglia pour sa musique lancinante et au figurant danois Lars Bloch, auteur du célèbre documentaire proposé en bonus du DVD Canal+ Le Grand Silence (et il s’appelle pas George, il s’appelle Ted).

Breccio a dit : allez-y voir de plus près, si vous êtes aussi malade que moi.

Ben où le voir, au fait ? Il existait naguère un DVD américain NTSC zone zéro sorti par Alfa Digital. Ça provient d’un enregistrement télé (le logo de la chaîne est à moitié visible à un moment), avec une image si terne que, même en réglant la luminosité de mon PC au maximum, j’avais l’impression qu’un banc de brume était tombé sur la province d’Almeria, et une pixellisation qui évoque les repiquages pirates au téléphone portable dans les salles d’exclusivité. Plus récemment, il est sorti un DVD japonais, somptueux mais hors de prix, et on murmure qu'un alligator fou aurait ajouté des sous-titres français à sa piste italienne.

Suite des aventures de Tony Anthony dans Un homme, un cheval, un pistolet.
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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  AkpStyl le Lun 31 Mai - 15:58

Vu enfin ce film à l'influence leonienne (ou pompage) indéniable. Ya peu voir pas de dialogue, on peut pas dire que tony anthony soit un acteur exceptionnel, frank wolf en fait un peu de trop, le scénar comporte pas mal d'inépties, notamment le bébé caché sous un lit pendant des heures sans manger ni boire alors qu'il fait une chaleur à crever, la couverture de l'armée du salut de tony anthony contre le pancho de eastwood sans oublié sa teinture blonde (hé blondin ! tu veux que j'te dise?), les "intrigues" foireuses... mais moi j'ai complétement aimé !!! Une bonne série b (limite z) comme j'aime, on dira ce qu'on voudra mais j'ai vraiment l'impression que tony anthony il y croyait quand il était dans ses films, et ça fait vraiment plaisirs à voir, film carrément artisanal , visiblement fait en petit comité avec 3 piecettes et ça passe bien. Pendant tout le film j'arrêté pas de me dire "bon sang il me fait penser à quelqu'un" et j'ai fini par trouver : Michael Youn !!!
Regardez :


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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Personne le Lun 31 Mai - 16:19

Il y a quelque chose en effet!


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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Rex Lee le Dim 15 Aoû - 8:09





Jolanda Modio / Gia Sandri Cool


Gia Sandri

Le final :


Tony Anthony

Frank Wolff



Un dollar entre les dents...
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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Trinita le Dim 20 Fév - 22:13

Le film a du coûter que un dollar tellement le budget à l'air riquiqui ce qui n'empêche pas le film de fonctionner grâce à Frank Wolff qui fait un méchant crédible, des situations bien foutues et sympa (la scène du sous sol où les méchants utilise des allumettes), un Tony Anthony plus crédible je trouve que dans Le Cavalier et le Samourai, une méchante bien sadique mais l'aspect sadique est pas assez exploité à mon goût, la musique est chouette aussi.
Bref, j'ai beaucoup aimé ce film pas prise de tête pour un sous avec une fin comme je l'ai aime et en plus il y a une Gatling. Laughing

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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Richards le Sam 26 Mai - 7:46

C'est particulier mais très envoutant.
La Gatling:

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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Il Ritardario le Sam 8 Mar - 20:30

Ce film est plein de défauts, le plus insupportable étant la musique répétitive et pourtant... j'ai adoré.  Shocked  L'ambiance, la façon de filmer et puis surtout je trouve que Tony Anthony développe un personnage qui ressemble à plein d'autres mais avec quelque chose de particulier, de personnel et d'attachant.
4ème film que je vois avec lui et, même s'il vaut mieux ne pas les regarder tous à la suite, je les ai tous visionnés avec un petit sourire au bord des lèvres et un bien être pas forcément explicable.
Maintenant je comprends parfaitement ceux qui n'accrochent pas à ce type de spectacle particulièrement lent. Il y a intérêt à être (comme le héro) très patient.
A signaler une excellent chronique dans le Nocturno spécial "Ai confini del western" qui dresse un parallèle plutôt bien vu avec Matalo.
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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Hombre le Mar 17 Jan - 18:46

Vu....enfin...Quoique je l'avais visionné en français (si,si) à la télé y a fort fort longtemps.

Oui, j'avais revu le film par youtube. D'ailleurs, m'étonnerait pas que ce cette copie diffusée venait directement du Warner Archive que j'ai fini par acquérir pour des clopinettes; donc, bien content de mon achat puisqu'il y a trois films sur deux DVDs. La "Stranger Collection" comme la définissent les américains friands des formules plubicitaires du style The Man With No Name. What a Face
Le premier film, comme souvent dit ici, est une resucée contorsionnée des célèbres "Dollars" de Leone. Et ça donne quelque chose d'assez jouissif, malgré tout. Et même je dirais surtout à cause de cette façon de travestir les films de Sergio.
Et il y a une suite de répliques qui donne bien le ton rigolo à cette histoire légèrement tordue.
-Quel sorte d'homme suis-je? (What kind of man I am?) questionne le personnage de Franck Wolff.
-Un homme juste! (A fair man!) réponds un de ses hommes.
Et cette question revient tout le long de l'histoire, jusqu'à son apothéose.
Ce genre de dialogues vous reste en tête. What a Face

La trame musicale, mais si elle se fait parfois trop présente, est assez plaisante.
Évidemment, pas possible de la trouver nul part sur un CD? Question
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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Sancho Perez le Mer 18 Jan - 0:21

Elle est sur le CD de soundtrack de Red Dead Revolver, un jeu vidéo de 2004 qui avait la bonne idée d'utiliser des musiques de westerns spaghetti. Plus d'une soixantaine au total. Et la plupart proviennent de westerns méconnus du grand public (pas les musiques de Leone ni de Mon nom est personne quoi)




Seuls 19 thèmes se trouvent sur le CD.

Personnellement, j'ai trouvé toutes les musiques il y a de cela quelques années en fouillant sur Internet...
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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

Message  Hombre le Mer 18 Jan - 4:34

Sancho Perez a écrit:Elle est sur le CD de soundtrack de Red Dead Revolver, un jeu vidéo de 2004 qui avait la bonne idée d'utiliser des musiques de westerns spaghetti. Plus d'une soixantaine au total. Et la plupart proviennent de westerns méconnus du grand public...

Merci Sancho Perez! Smile
Ça me fait au moins une piste de recherche.
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Re: Un dollar entre les dents - Un dollaro tra i denti - Luigi Vanzi - 1967

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