Ulysse. 1954. Mario Camerini.

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Ulysse. 1954. Mario Camerini.

Message  Rex Lee le Jeu 3 Nov - 7:42



Après avoir combattu avec les Grecs contre les Troyens, Ulysse prend le chemin du retour et embarque avec ses compagnons vers Ithaque, où, depuis des années, l'attend Pénélope, son épouse bien aimée. Ce chemin sera semé d'épreuves et, rentré chez lui, il devra affronter un rival...


Le récit d'Homère, en couleurs, filmé dans de beaux paysages méditérranéens et interprété par Kirk Douglas, Silvana Mangano, Anthony Quinn, Rossana Podestà, Sylvie, Daniel Ivernel, Jacques Dumesnil, Franco Interlenghi, Piero Lulli, Andrea Bosic, Benito Stefanelli...cela vaut le coup d'oeil, même si on connaît cette histoire par coeur. Aucun temps mort dans cette Odyssée de 1H40: les épisodes se succèdent très rapidement.






Rossanà Podesta




Silvana Mangano











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Dis-donc, toi, tu sais que tu as la tête de quelqu’un qui vaut 2000 dollars?
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Re: Ulysse. 1954. Mario Camerini.

Message  cyberpunk le Jeu 3 Nov - 12:50

d'après le générique c'était tourner sur les lieux mêmes Laughing

au large de Positano Li Galli qui selon la légende serait l'île des Sirènes; aujourd'hui c'est un décor qui pourrait servir à un méchant dans un James Bond Very Happy

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Re: Ulysse. 1954. Mario Camerini.

Message  Hombre le Mar 23 Oct - 19:56

Film plaisant avec un Kirk Douglas bondissant et convaincant.
L'épisode du Cyclope quoique bien fait ne vaut pas celui tourné par Mario Bava pour la minisérie de Franco Rossi.

La télévision est un format qui se prête bien aux récits d'Homère! What a Face
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Ulysse (Ulisse) - Mario Camerini - 1953

Message  pak le Mer 29 Nov - 23:01

Ulysse (Ulisse)
Mario Camerini et Mario Bava (quelques scènes) (1953)


Le sujet : Ulysse, roi de l'île d'Ithaque, est parti depuis longtemps pour participer au siège de Troie. Après la prise de la cité, son voyage de retour par la mer va être retardé par de nombreux dangers. Pendant ce temps, à Ithaque, sa femme Pénélope doit affronter d'autres épreuves : intéressés par l'accession au trône, de multiples soupirants, affirmant qu'Ulysse est mort, la pressent de prendre époux...


Ce que j'en pense :

Si l'on en croit Kirk Douglas, l'acteur serait devenu très amoureux de sa partenaire du film à sketch Histoire de trois amours (The Story of three loves, 1953), Pier Angeli, jolie actrice italienne à la carrière hollywoodienne météorique dans les années 1950 pour la MGM, vite repartie tourner en Europe et disparue prématurément à l'âge de 39 ans, alors que sa carrière périclitait, d'une violente réaction allergique à une injection de tranquillisant (des rumeurs de suicide ont alors circulé, l'actrice ayant des problèmes nerveux et d'argent). Toujours est-il que Douglas aurait signé un contrat de 3 films pour travailler en Europe et la rejoindre, ce qui n'empêchera pas la belle d'épouser en 1954 l'acteur-chanteur italo-américain Nic Damone, mariage qui durera à peine 4 ans. Pour la petite histoire, l'actrice fut surtout éprise de James Dean, avec qui elle eut une liaison, relation sur laquelle de fortes rumeurs de mariage circulèrent, mais, âgée d'une vingtaine d'années à l'époque, Pier fut ramenée à la raison, et à la maison, par sa mamma peu motivée par les manières du jeune acteur, star rebelle et de surcroit bien peu croyante, critère rédhibitoire pour une mère italienne ! Pier Angeli aurait déclaré peu de temps avant son décès, que son seul amour fut James Dean... Ceci dit, Kirk n'aura pas fait le voyage pour rien, puisque pendant son périple européen, durant le tournage d'Un acte d'amour (Act of love, 1953, d'Anatole Litvak), il rencontrera sa seconde épouse, Anne Buydens, une attachée de presse, avec laquelle il partage depuis sa vie.

Mais trêve de potins mondains, et revenons à notre film. Dans les trois concernés par le contrat de Douglas figurait cette adaptation des aventures d'Ulysse (le dernier du trio). Réalisé par un vieux routier du cinéma italien (il a débuté dans les années 1920), Mario Camerini, ce film s'inscrit dans la vague déferlante des péplums italiens et européens qui inondèrent les salles de cinéma durant presque 20 ans, genre relancé, non pas par les italiens, mais bien par les américains qui cherchaient, au début des années 1950, des sujets spectaculaires pour contrer l'influence envahissante de la télévision au détriment de la fréquentation des salles obscures. Même s'il a réalisé l'un des derniers films muets d'une des figures du genre, Maciste, en 1926, Camerini n'est pas un habitué du film en jupettes, mais un réalisateur qui fut l'un des cinéastes italiens majeurs de l'entre-deux-guerres, et, avec ses peintures sociales, un des précurseurs oubliés de ce que sera le néoréalisme italien des années 1940-50, mouvement qui, paradoxalement, mettra son inspiration en berne, puisque puisant ses sujets dans un monde petit bourgeois qui n'existera plus ou qui n'intéressera plus dans l’Italie libérée du fascisme. Camerini se rabattra donc sur du cinéma plus populaire, de moins en moins personnel.

Généralement scénariste de ses propres films, Camerini s'inspire donc de la fameuse Odyssée, l'épopée grecque du poète antique Homère. Cette épopée est un récit dense réparti en 80 chants, relatant 10 ans d'errance, ponctuée de faits héroïques ou présentés tels quels, durant laquelle Ulysse rencontre nombre de personnages mythologiques. Adapter celle-ci en un scénario pour un film durant moins de deux heures est donc une gageure. Autant le dire de suite, l'auteur n'y est pas parvenu. Peu impliqué, celui-ci n'a retenu que quelques épisodes, les plus emblématiques et connus, offrant un récit étrangement découpé, pas toujours très cohérent dans son montage, sans véritable liant, et bien trop sage. Il faut dire qu'en réalité, ils s'y sont mis à sept pour écrire le scénario, et comme souvent pour ceux écrits à plusieurs mains, il n'en sort généralement qu'un produit sans âme...

Camerini débute par une évocation de la guerre de Troie, durant laquelle Ulysse s'illustra puisque c'est de lui que vient l'idée du fameux cheval à partir duquel il mena l'assaut fatal pour la cité. Bâclé et quasi anecdotique dans le film, cet épisode aurait pourtant été un moyen spectaculaire de débuter le film. Il a toutefois le mérite de montrer le héros tel qu'il est : vaniteux et impitoyable, seul acteur de la malédiction qui va s'abattre sur lui.

Puis le cinéaste opte pour une structure en flashback typique du cinéma italien. Le héros échoue suite à une terrible tempête sur la côte rocheuse de Phéacie où il est découvert à moitié mort par Nausicaa, fille du roi de l'île. Assez fidèle à Homère de ce point de vue, on se demande pourquoi Camerini fait alors d'Ulysse un amnésique oublieux jusqu'à son nom, qui va voir ses souvenirs revenir peu à peu, alors qu'en réalité il cache son identité à ses hôtes tout en devenant fortement mélancolique dès lors que la guerre de Troie est évoquée. Un ressort dramatique ignoré et pourtant fort, peut-être dans une volonté de montrer un héros fort qui combat son amnésie avec la même détermination que celle montrée lors de ses nombreuses aventures ?

Toujours est-il que c'est caractéristique de ce film, où l'auteur semble partagé entre la fidélité à Homère (l'odyssée originale étant presque un scénario elle-même où batailles, amours, trahisons, courage, monstres et péripéties perpétuelles se mêlent avec une volonté évidente de construire une histoire passionnée et passionnante), et un réaménagement narratif pour un spectacle calibré au service de sa star. Le résultat à l'écran est une espèce de pot-pourri des avatars d'Ulysse (le cyclope, les sirènes... ), parfois trop simplifié : il y a confusion entre Circé, sorcière qui transforme les compagnons d'Ulysse en cochons, et Calypso, nymphe qui offre l’immortalité au héros et qui le retient sept ans, les deux finissant dans les bras de ce dernier, apparemment nettement moins fidèle que son épouse Pénélope repoussant durant des années les assauts de nombreux prétendants avides de pouvoir.

La notion de temps est d'ailleurs très mal gérée. Ulysse est censé être parti vingt ans (dix ans de guerre à Troie, auxquels s'y ajoutent dix ans de plus d'errance). Jamais on ne ressent cette unité de temps dans ce film, le récit étant trop haché. De même les ressorts dramatiques sont ratés, et cela se ressent très bien lorsque notre héros voit les ombres des morts comme Ajax ou Achille, évoquant leurs relations durant la guerre, mais comme le réalisateur a zappé celle-ci, cela tombe à plat et ne parle qu'à ceux qui en ont des notions.

Il y a donc beaucoup à redire sur cette adaptation d'Homère, et pourtant, on se laisse relativement séduire à sa vision. Déjà parce que la scène avec le cyclope est assez réussi, malgré l'aspect vieillot des effets spéciaux qui pourtant restent plaisants pour un film de cette époque (on zappera toutefois avec indulgence la fabrication du vin par Ulysse et ses compagnons, qui consiste à recueillir le jus de raisin pressé par leurs pieds pas bien propres... Pas de quoi enivrer, même un Cyclope... Dans l'Odyssée, le vin provient du pillage de la cité des Cicones, épisode escamoté comme d'autres, pas tellement glamour pour l'image d'Ulysse il est vrai). Ensuite parce que Camerini évite relativement bien le kitch malgré quelques couleurs criardes, en refusant toute représentation des dieux grecs (un peu comme le fera 50 ans plus tard Wolgang Petersen avec son film Troie), et épargne ainsi à son long-métrage des moments ridicules qui plombent certains péplums, voir des films plus récents (le Thor réalisé en 2011 par Kenneth Branagh, ou le navrant Choc des titans de Louis Leterrier, en 2009). On appréciera aussi l'ironie sous-jacente du retour d'Ulysse, montrant le héros tester la fidélité d'une femme qui l'a attendu deux décennies alors qu'il est loin d'être un modèle de vertu. Ironie aussi présente dans la fin, brutale, durant laquelle il n'est alors pas certain que le héros ait retenu quoique ce soit de ces aventures, plus tragiques qu'héroïques, durant lesquelles il a multiplié les erreurs.

Et puis il y a Kirk Douglas, offrant une composition impliquée, occultant l'aspect parfois risible de ses tenues proches de la couche-culotte, donnant un avant-goût de ses prestations costumées dans Les Vikings (The Vikings, 1958, de Richard Fleischer) et Spartacus (1960, de Stanley Kubrick), nettement meilleurs. Il fait d'Ulysse un type peu fréquentable, égoïste, jouisseur et fier-à-bras (c'est nettement visible lorsqu'il est amnésique, ne pouvant s'empêcher de se mettre en valeur), qui semble rentrer chez lui, plus pour retrouver ses privilèges que ses proches...


Un film que j'avais adoré gamin, nettement moins aujourd'hui...


Note : 11/20.

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