Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

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Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Breccio le Dim 11 Avr - 9:52

Ross Logan (Lang Jeffries, un Clint Eastwood en un peu plus barbu, un peu plus joufflu) revient au ranch familial. Il est fatigué, voire carrément désabusé : « L’Ouest sera toujours sauvage », dit-il au fidèle domestique qui l’a vu arriver dans sa lunette d’approche. On note que Ross est super bien sapé : le galure est classique, mais il a une chemise de pistoléro pédé (clin d’œil à Carlos Gimenez, mais si, rappelez-vous, les BD espagnoles publiées dans Fluide glacial), un pantalon bleu marine avec bande jaune style armée yankee, et surtout — le pied ! — un poncho en peau de léopard. Enfin, le léopard, c’est un animal africain, alors c’est peut-être du jaguar, ou plutôt des jaguars, parce qu’il en a fallu plusieurs pour lui confectionner cette toile de tente, qui se prend dans le cheval quand il met pied à terre.

Mais je m’égare.

Ross a tout juste eu le temps de demander des nouvelles de son petit frère Dan (Carlo Simoni) qu’on a droit aux mésaventures du frangin : le pauvre est allé faire un tour au ranch Ramirez — pour draguer, nous fait-on comprendre —, que la bande du redoutable Porfirio Carranza (Fernando Sancho) vient d’investir en massacrant tous les occupants (hors-champ — les belles hécatombes, c’est pour la fin du film). Le pauvre Dan ne fait pas long feu, et je suis sûr qu’il aurait préféré tourner chez Barillet & Grédy (gag — vous comprendrez en matant le film). Mais ses tribulations nous permettent de comprendre que la situation est tendue au sein du gang : les trois principaux adjoints, Ted (Carlo Gaddi, une gouape latine toute de cuir noir vêtue, genre Gérard Darmon quand il était jeune), Tom (Ruben Rojo, style tricheur au poker sur les navires à aube du Mississippi) et Charly (Aldo Sambrell, méconnaissable sous sa perruque, en Winnetou décavé et superstitieux) aimeraient bien devenir chef(s) à la place du chef.

Pendant ce temps, Ross s’amuse avec sa lunette d’approche et voit des méchants qui convergent sur son ranch. Il fait semblant d’organiser une séance de ball-trap pour les distraire, et il te me les décanille vite fait. Comme y en a un qui respire encore, il le cuisine et apprend : a) que ce sont des membres du gang de Carranza ; b) que ledit gang est descendu chez les Ramirez.

Bon, je vais pas plus loin, vous voyez le topo : ces saligauds ont dézingué mon petit frère, ils vont me le payer cher. Le bon vieux trip vendetta cher au western all’italiana, arrêtez-moi, je vais bâiller.

Sauf que…

Sauf que ce film, même si ce n’est pas un chef-d’œuvre, est racheté par quelques envolées dans la folie scénaristique, voire conceptuelle.

Première folie : la vestimentation, comme disait Gian Lhassa. La tenue du héros est déjà tout un poème, mais chacun des protagonistes porte sa détermination dans ses fringues : le personnage d’Aldo Sambrell, par exemple, se réduit à ses amulettes ; celui de Carranza est tout en apparat : les bijoux qu’il caresse et les flingues qu’il cache sous ses atours.

Deuxième folie : notre héros est un astrologue, et il construit sa vengeance en fonction de l’éclipse qu’il a prévue pour le 17 avril — c’est à ce moment-là qu’il s’attaque au gang. Notons au passage qu’un astrologue est censé prévoir le temps qu’il fait, vu que ce cher Ross impressionne son entourage en annonçant une tempête.

Troisième folie : les circonvolutions scénaristiques du troisième tiers du film, où débarquent des flash-back inattendus qui chamboulent toute la narration. C’est peut-être pas maîtrisé, mais c’est vachement gonflé. Profitons-en pour dire que le scénario est signé Maria del Carmen Martinez Roman. Qui c’est celle-là ? Ben, Tire encore si tu peux, ça vous dit rien ? Je me disais aussi, cette obsession du cuir noir…*

Bon, je vous la fais courte : ce vieux Ross exploite les tensions au sein du gang de Carranza — y compris les tensions sexuelles, n’oublions pas que figurent au générique Femi Benussi et Marisa Paredes, excusez du peu — pour faire le ménage dans icelui. Ca se passe au moment de l’éclipse, et y a pas mal de pistoléros qui s’éclipsent, justement.

Niveau visuel, c’est fort joli, ma foi, avec une très bonne exploitation des décors de hacienda, avec des murs « blancs comme le fond de l’Espagne » (ben, c’est là que ça a été tourné, m’sieur Cabrel) et une ville fantôme avec saloon en ruine (et prostituée guitariste au grand cœur, merci, il nous manquait un cliché).

Cerises sur le gâteau : une musique zarbi signée Angelo Francisco Lavagnino, un décor de portique qui ressemble furieusement à celui d'Il était une fois dans l’Ouest (le supplice du frère d’Harmonica – Leone a peut-être pompé…), et le comédien batave Glenn Saxson dans un petit rôle (ne clignez pas des yeux, vous le raterez).

Breccio a dit : allez-y voir de plus près.

Enfin, c’est pas facile de dégoter ce film-là : j’ai dû me contenter d’un DVD ricain, en anglais sans sous-titres (même pas grecs), mais en version semble-t-il intégrale. Guettez l’édition restaurée — hou-hou, Seven Sept, Wild Side, quelqu’un ?…

B.

* Renseignement pris, Giulio Questi affirme qu'elle n'a rien fait sur son film et que son nom figurait au générique pour des raisons de coproduction. Encore une énigme pour les spaghettophiles.

Breccio
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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Rex Lee le Dim 11 Avr - 10:37

Western insolite et par certains aspects , fantastique .
Renseignements pris auprès de sites spécialisés comme Western Movies Database , il existe 2 versions de ce film ; l'une , américaine , qui dure 1H23 et que narre linéairement les évènements ; l'autre , espagnole ( et sans doute européenne ) , qui dure 1H34 . C'est celle que j'ai vue . Dans la dernière 1/2 heure du film , la narration est constituée de 3 flash-backs qui permettent à Logan de raconter à Carranza comment il a éliminé les personnages interprétés par Aldo Sambrell , Carlo Gaddi et Ruben Rojo. Mais , franchement , je ne vois pas l'intérêt d'un tel montage .
Et je dois reconnaître que ce western m'a laissé un peu sur ma faim. Il lui manque un je- ne -sais -quoi qui en aurait fait l'égal de " Tueurs de l' Ouest " ou de " Tire encore si tu peux " .

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  MARCHAND le Mar 8 Juin - 8:37

La version passée sur RETE 4 cette nuit doit étre la version européenne(durée 1h34),format 4/3,de qualité moyenne et en version sans sous titres. pirat

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Rex Lee le Sam 14 Aoû - 9:55





Lang Jeffries ( dont c'est le seul western...)



Mais combien de fois a-t-il incarné un bandit mexicain ? Sacré Sancho !



Aldo Sambrell


Ruben Rojo


Carlo Gaddi

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  stéphane le Sam 14 Aoû - 10:19




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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  stéphane le Sam 14 Aoû - 10:21





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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Rex Lee le Sam 14 Aoû - 15:13

stéphane a écrit:




Photo n° 1 : Sancho / Femi Benussi
Photo n° 2 : Aldo / Sancho Gracia

Merci , Stéphane , pour ces illustrations que tu postes et qui rendent ce forum agréable à parcourir ... Very Happy

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  stéphane le Sam 14 Aoû - 16:00

Merci à toi Rex Lee pour tout ce que tu fais et pour les noms des acteurs sur ce post. Very Happy

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  El Puro le Lun 29 Nov - 20:22



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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  El Puro le Sam 25 Déc - 15:32




Carlo Gaddi


Fernando Sancho


Lang Jeffries












Carlo Gaddi / Aldo Sambrell






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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Edocle le Mar 10 Mai - 19:06

Remontons ce post des oubliettes parce que le film le mérite
et que la version italienne ne demande qu'à sortir du bayou ! pirat

Vive les spaghetti !

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Edocle le Lun 16 Mai - 18:40

Vous connaissez mon goût pour aller fouiner dans les images ?
Et là voilà que je tombe sur une pièce de lingerie qui ne doit pas
figurer dans les tiroirs de la commode des paysannes mexicaines
vers 1860 ....



Je pense que la technique s'est bien rincée l'oeil, plutôt que de faire
porter à la comédienne une culotte a manches longues en coton gratté !
( Hé Trinita, t'as vu le spécimen, digne de figurer sur ta signature... )
bounce bounce bounce

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Edocle le Mar 17 Mai - 9:40

Ne pas vous laissez languir !

C'est dans la scène du bain que l'on aperçoit cette pièce de lingerie !
Et c'est la belle Marisa Parades ( Nina ) qui nous la joue torride !
pig

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Rex Lee le Mar 17 Mai - 17:04




J'emprunte une capture à El Puro...Ne serait-ce pas encore Marisa Paredes? Cool Une autre signature pour Trinita... Smile


Dernière édition par Rex Lee le Mer 18 Mai - 5:30, édité 1 fois

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Dis-donc, toi, tu sais que tu as la tête de quelqu’un qui vaut 2000 dollars?

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Re: Requiem pour un gringo - Réquiem para el gringo - José Luis Merino - 1968

Message  Edocle le Mar 17 Mai - 19:47

Les belles histoires de Zio Claudio :
Un peu de technique cinéma :
Dans la scène qui va suivre, le comédien attaché au pilier va être
libéré par deux coups de feu qui vont couper la corde !
Plan 1 :

Le comédien est attaché par deux tours de cordes, la corde est
bien légérement détachée du pilier.

Plan 2 :

On vient de préparer le trucage. La corde a été coupée.
En "A" on a percé deux trous dans le pilier pour camoufler les amorces explosives
et avec du mastic on fait tenir corde et amorce. Un coup de camouflage, on y voit rien
si, tout de même un peu.
En "B" on a camouflé les fils électriques de commande des amorces
et les autres extrémités de la corde. Le tout est maintenu avec un papier fin
collé et on a peint la corde dessus. Regardez bien on voit le papier.

Plan 3 :

L'artificier vient de faire sauter la première amorce, le comédien bombe le torse,
la corde gicle, on fait de même pour la seconde amorce qui explose dans la foulée.

Plan 4 :

Le comédien est libre, ne reste dans le pilier que les trous de amorces...
Pardon que les trous des balles de 44, la bande son faisant le restant
et complète l'illusion. La rapidité de l'action fait le reste...

Et quand on suit le film on y voit que du feu ! Surtout ne pas croire que c'est
parce que nous sommes dans un "petit" film que l'on détecte les trucages.
Si je n'avais pas peur d'être excommunié je vous montrerais la même chose
dans les "Leone".... mais là... chut....
Etonnant, non ? Rolling Eyes

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