On m'appelle Providence (La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza) Giulio Petroni 1972

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On m'appelle Providence (La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza) Giulio Petroni 1972

Message  Fredge le Ven 9 Avr - 17:20

L’Histoire du western italien retiendra de Giulio Petroni qu’il n’était pas un cinéaste prolifique, mais qu’il a parcouru, comme Corbucci par exemple, les thèmes principaux du genre en réalisant à chaque fois un chef d’œuvre, tout du moins un film d’importance. Ainsi seront visités la vengeance avec « La mort était au rendez-vous », le western Zapatta avec « Tepepa, trois pour un massacre », le style gothique avec « Luke la main froide », la comédie avec « Ciel de plomb » et enfin la parodie avec « On m’appelle Providence ».
Le film s’ouvre sur un Tomas Milian dans sa carriole ajustant son chapeau melon dans un miroir, soignant sa moustache, exerçant son index sur la canne, se dépoussiérant quelque peu (mais ça ne suffira pas…), éructant quelques gargarismes, et entonnant enfin quelques vocalises : le voilà prêt, habité par son rôle, le film peut définitivement commencer. Cette première séquence apparaît comme un clin d’œil probable à l’Actor’s Studio qui privilégiait une identification psychologique et physique totale avec son personnage. Issu de cette école, Milian « est » Providence, un chasseur de primes apparaissant comme une forme décalée de Charlie Chaplin, intelligent, opportuniste, inventif, à l’esprit vif et éclairé.

Nous suivrons dans un premier temps sa trouvaille lucrative consistant à livrer aux autorités Hurricane Kid campé par Gregg Palmer ( « Chisum », « Rio Lobo », « Le Virginien », « Bonanza ») et à le libérer pour obtenir une nouvelle fois la prime dans le village suivant. La suite fera intervenir un conflit entre les deux protagonistes concernant le partage du pactole, avec en toile de fond une sombre émission de fausse monnaie, histoire qu’il y ait une histoire. Car finalement, le scénario importe peu, le film pouvant se découper en une suite de séquences isolées et tournant autour d’un gag, d’un comique de situation, voire d’un sketch.
Dans ce contexte, Tomas Milian s’en donne à cœur joie, parodiant Chaplin, se moquant d’Hitler, s’auto-parodiant avec son tic sonore de la bouche comme dans « Companeros », s’adonnant au yoga, dansant le tango, détournant le jeu de billard avec sa canne. Mais il s’avère aussi être un fin tireur, champion du Quizz, emmerdeur professionnel, aimé des femmes, bagarreur agile, polyglotte, puéril. Il fera référence à « Pierre et le loup », jettera des tartes à la crème, et lancera quelques clins d’œil à James « Sartana » Bond (les gadgets), Trinita, …
D’après Petroni (lu dans Mad Movies), Milian était infernal sur le tournage, en rajoutait régulièrement à cause du caractère fantaisiste du film. Petroni a dû le remettre à sa place plus d’une fois. Personnellement, les excès de Thomas me font bien rire, mais certains trouveront le personnage excessif et le comique au rabais.

Petroni a travaillé la mise en scène avec minutie, jouant parfois avec le hors-champ (la séquence de la scie) et en adoptant un esprit décontracté, un second degré décalé. L’humour à la grosse louche que dégage son film rappelle le comique français de série B des années 70 (du genre les Charlots), l’ambiance cartoon Tex Avery au niveau du son (un coup de poing, un son de cloche), de l’image (la trace d’une chute dans le sol, comme Coyote tombe d’une falaise), l’esprit des Marx Brothers.

Dernier complice réussissant lui aussi un tour de force, Ennio Morricone qui signe une superbe musique joviale et enjouée. Orgue d’église, choeur de nonnes libérées, guitare acoustique et envolées de violon sur fond de rythmique pop ajoutent encore un peu plus de tonicité et de gaieté au film. Harmonica, Tuco, le Manchot avaient leur propre musique ? Providence aura la sienne… Parodie, quand tu nous tiens…

En conclusion, tous les éléments du western italien parodique sont ici réunis. Un chef d’œuvre ? Non, le mot est trop fort. Mais un bon film quand même, divertissant, mettant en avant l’énorme talent de Petroni, Morricone et Milian. Un film qui sort un peu des sentiers battus, et qui surtout évite la vulgarité. A l’époque, « On m’appelle Providence » a été un grand succès de foule, ce qui ne fut pas le cas de la suite réalisée par Alberto de Martino

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Re: On m'appelle Providence (La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza) Giulio Petroni 1972

Message  Edocle le Lun 25 Juil - 13:42







Et en plus lire l'excellente critique de TEPEPA ICI

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Re: On m'appelle Providence (La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza) Giulio Petroni 1972

Message  Il Ritardario le Lun 25 Juil - 16:37

La VHS en VF est d'ailleurs de plutôt bonne qualité Smile
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Re: On m'appelle Providence (La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza) Giulio Petroni 1972

Message  JO le Lun 29 Oct - 14:04

Sur le tournage avec Tomas Milian bientôt ici Wink :

http://monnomestpersonne1973.blogspot.com/

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Re: On m'appelle Providence (La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza) Giulio Petroni 1972

Message  Rex Lee le Mar 30 Oct - 7:54


Gregg Palmer / Gabriella Giorgelli






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Janet Agren
Ce film est le seul western de cette acrice suédoise née en 1949.

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Dis-donc, toi, tu sais que tu as la tête de quelqu’un qui vaut 2000 dollars?
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Re: On m'appelle Providence (La vita, a volte, e’molto dura, vero Provvidenza) Giulio Petroni 1972

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